Voici finalement le dernier reportage photo de mon voyage, et il concerne les choses qui m'ont surprises ou qui méritent d'être montrées, pour votre information.
Commençons ce dernier billet par quelques considérations de la part de mon
Estomac. D'abord, cet intermédiaire entre la clémentine et le citron vert était ultra commun sur les marchés et parmi les vendeurs de rue. C'est un peu moins sucré qu'une clémentine, mais c'est super pratique à manger et ça désaltère.

Une photo pour attester que j'ai mangé la tête de notre canard laqué à Pékin:

... même que les joues étaient toutes tendres et moelleuses. Je vous rassure, on laisse le bec, et le cerveau a été préalablement enlevé pour ménager les âmes sensibles.
Je vous parlais des boulangeries/pâtisseries qui me plaisaient bien, en voici une:

Franchement, ça a de l'allure, vous ne trouvez pas? Bon, il est clair que ce n'est pas la culture typiquement chinoise, mais ils sont très forts en imitation là-bas, y compris en imitation de gâteries à la française (ou autre).
Par contre, les racines de toutes les formes et toutes les provenances c'est quand même beaucoup moins appétissant, je vous le concède.

Ca faisait bien quelques années que je n'avais pas mangé de Chocapic... Les voici, en version KoKo-Krunch!

Passons maintenant à la catégorie
Influence française et marques de chez nous. J'ai été surprise de voir autant d'influence de chez nous dans ce pays lointain, autant à travers les équipes de foot françaises que les jeunes connaissent, que par l'utilisation du français dans de nombreuses enseignes et marques locales:

... ou encore de par les marques typiquement françaises présentes là-bas. Quelques exemples: Michelin et les constructeurs automobiles français dont je vous ai parlé au cours du récit, Décathlon:

... Carrefour, qui est un supermarché tout à fait normal là-bas (c'est-à-dire tout en chinois et des produits locaux, pour un prix supérieur aux marchés du coin):

... sans parler des marques américaines:

... ou encore celle-ci, qui pullule dans les grande villes.

C'est vrai que les chinois ne boivent traditionnellement pas de café, alors les étrangers en manque de caféine n'ont pas énormément de choix pour se procurer leur breuvage, à un prix identique à ceux pratiqués dans le pays des hamburgers. 25 yuans pour la moindre tasse de café c'est franchement l'arnaque, à ce prix-là on peut avoir une écharpe en cachemire et soie, 2 ou 3 repas pas chers, ou même une nuit d'hôtel dans une petite ville.
Niveau
Génie civil, ma plus grande surprise a été les échaffaudages en bambou que l'on trouve partout dans le sud. Incroyable mais vrai, et quand on y réfléchit un peu c'est pas plus bête qu'autre chose, sachant que les matériaux composites tirent leur inspiration des matériaux naturels tels que les fibres de bois, qui ont d'excellentes propriétés mécaniques tout en restant très légers. Jusqu'à 4-5 étages de haut c'est tout en bambou, et au-delà ils utilisent du métal quand même.

Les escaliers étaient une autre source de léger étonnement dans le domaine architectural. Mais comment des escaliers peuvent être différents me demanderez-vous? Eh bien en n'ayant pas toujours la même hauteur de marche! Ici sur la grande muraille, vous pouvez voir que les marches font 10, 20 ou 30 cm de haut en fonction de l'inclinaison de la colline, et ce sans ordre particulier. Assez souvent les marches menant à des temples anciens n'étaient pas égales, ce qui est légèrement perturbant pour les monter.

Rubrique
Kèskecé, voilà un magnifique spécimen de communication non-verbale, ou comment on peut tirer beaucoup d'information du contexte.

On passe maintenant à la catégorie
Propreté. Et il y en a des choses à dire sur ce sujet. Même si toutes les poubelles de ville vivent en couple:

... (une pour les matériaux recyclables et l'autre pour le reste), l'hygiène laisse franchement à désirer dans ce pays. Première considération choquante: les femmes tout comme les hommes crachent dans la rue, tout le temps. Accompagné d'un délicat raclement de gorge, c'est ultra-classe je vous assure. Inutile de vous faire un graphique explicatif, les maladies, virus et microbes ont la belle vie dans les villes, et on évite à tout prix tout contact de ses effets personnels avec le sol (sac à dos par exemple, dans la mesure du possible). Deuxième élément crado, les bébés chinois ne portent pas de couches, et se promènent régulièrement les fesses à l'air. Je n'ai pas de beau spécimen à vous montrer, mais en gros c'est soit sans pantalon du tout comme celui-ci (assez rare je vous rassure):

... ou soit avec une belle fente coupée dans le pantalon pour faciliter le processus. Mais comment font-ils pour dresser leurs bébés vous demandez-vous? Eh bien figurez-vous que les parents apprenent à leur gamin à faire ses petits besoins quand ils sifflent, et on voit régulièrement des parents tenir leur môme au dessus d'une poubelle ou du caniveau pour qu'il se laisse aller, en sifflant genre petit pinson chanteur. Ce qui renforce l'importance d'éviter tout contact avec le sol. Enfin, les chinois ont la mauvaise habitude de jeter leurs déchets par terre sans vergogne, sans doute car il y a toujours quelqu'un pour balayer derrière eux (ça crée des jobs paraît-il). Cela est un peu moins vrai dans les grandes villes qui sont franchement occidentales, mais dans les campagnes on voit encore fréquemment des gens jeter leurs boîte de dîner en polystyrène sur le bord de la route.
Toujours dans la catégorie propreté, je vous présente les toilettes:

Toutes les toilettes publiques sont à la turque, sans exception. Peut importe la fréquentation touristique, tout le monde est logé à la même enseigne. Je vous passe les détails, mais si jamais vous allez vous promener dans ce pays, mon conseil avisé est le suivant: trimballez toujours dans votre sac à dos un rouleau de papier toilette et du savon à main, car c'est totalement optionnel dans les salons d'aisance publics (y compris à l'université de Pékin, où mon hôte Bi est professeure). Sachez même que jusqu'à quelques années il n'y avait pas toujours de séparation entre les cabines. La photo ci-dessus provient de mon hôtel à Wuhan, assez cher d'ailleurs, et je ne peux décrire l'odeur immonde s'échappant de ce trou. Dans tous les hôtels pas trop chers, la cabine de douche et les toilettes sont intégrés en une minuscule pièce commune, on apprend vite à faire avec. Bon, j'arrête ici cette rubrique qui est difficile à appréhender sans la voir de ses petits yeux, pour ne pas vous dégouter à tout jamais d'aller visiter ce pays qui a beaucoup d'aspects intéressants par ailleurs.
On passe ensuite à la catégorie
Photos. Si vous croyiez, comme moi auparavant, que seuls les japonais étaient des fanas de photos, eh bien vous pouvez maintenant mettre les chinois dans le même panier. Il n'est pas de monument, scuplture, situation ou bâtiment typique qui n'attire des foules de gens pour se faire photographier devant. Ca va avec les mégaphones je crois. Par exemple, dans la barque sur les trois petites gorges, chaque couple sur le bateau est passé l'un après l'autre à l'avant de la barque, avec le bâton et le chapeau typique, pour se faire prendre en photo. Spectaculaire.

Enfin, dernière rubrique, la
Main d'oeuvre. En Chine, il n'y a jamais une seule personne à faire un boulot, mais 40 personnes à faire la même chose.

Enfin pas toujours, mais bien souvent on peut remarquer visiblement que c'est un pays ou la main d'oeuvre ne coûte pas grand chose, et tout est bon pour donner du travail aux gens. C'est ce même coût dérisoire de la main d'oeuvre qui permet à tous les objets fabriqués en Chine et à la nourriture d'être si bon marché, bien entendu. Mais je ne vais pas entrer dans les débats politiques, car c'est une autre histoire.
Bref voilà, ce billet clôture mon aventure, poil à la fourrure! Maintenant on va revenir à ma petite vie organisée en Nouvelle Angleterre, avec des jolies couleurs d'automne, des citrouilles, fantômes et squelettes devant les maisons dans ma rue pour aller au boulot, un petit vent qui se rafraîchit drôlement, un boulot qui me tient bien occupée mais juste comme il faut, des sorties orchestre philarmonique en alternance avec des soirées ciné, des petits dîners en "famille" avec mes colocs, et tout ce qui va avec. La routine quoi.