Moi, cette année, je me suis auto-désignée pour être la maman-chef de ma maisonnée internationnale parce que ce n'est jamais un problème d'avoir un jour férié à passer exclusivement dans la cuisine. Thanksgiving, c'est toujours comme ça que ça commence:
Un beau dindon de 6.5kg, déplumé et vidé par les soins du magasin, avec le cou et les bons boyaux proprement rangés à l'intérieur. Chuis une fille de la campagne moi, et j'ai une certaine expérience en vidage de dindon, mais je n'ai même pas eu besoin de pratiquer mes talents de charcutière. Je tiens à préciser que, ne mangeant pas de viande habituellement, j'ai tenu à choisir une bestiole free-range, sans antibiotique et autres produits bizarres, quitte à payer $1.49 par pound à Whole Foods au lieu de $0.59 chez mon marchand habituel. Non mais c'est qui qui commande dans cette cuisine.J'enfile mon tablier, et on commence les festivités vers 11h30. Saupoudrage de mon bestiau d'une poudre d'épices (coriandre, cumin, poivre rose, paprika), puis préparation du bouillon de dindon.
Par chance, tous les magazines de cuisine du mois de novembre proposent leur recette de dindon rôti et tous les plats d'accompagnement traditionnels qui vont avec, ce qui donne une référence pour les novices en la matière. J'ai donc suivi les instructions de Bon Apétit (en français dans le texte) pour faire un bon bouillon de dinde maison, utilisant le cou et les morceaux trouvés dedans. J'avais ma fidèle assistante Noemi pour me couper les légumes mais pas les doigts:
Quelques heures plus tard, notre volaille a mariné sous sa poudre d'épices, et se retrouve remplie d'une farce aux champignons portobello et tomates séchées. Il avait fière allure je vous le dis.
Et à 3h tout rond: hop, au chaud!
Entre temps, on ne chôme pas, et on attaque de manière organisée les plats d'accompagnements:- crème d'asperges et d'épinards en entrée
- purée de patates et patates douces
- sauce aux canneberges
- "gravy", c'est-à-dire jus de cuisson de la bête épaissi en sauce crémeuse
- gros plat de farce à dindon en rab, le "stuffing" (jusque là, que du traditionnel sauf la soupe)
- haricots verts et oignons sautés (assez classique aussi)
- betteraves au gingembre et teriyaki (pas vraiment traditionnel je dois dire, mais il faut bien de la couleur)
- omelettes espagnoles pour être sûr qu'il y aura beaucoup, beaucoup trop à manger
- et en dessert, tarte à la citrouille.
(je compte aussi sur les invités pour emmener des salades, tourtes aux légumes, pain maison, tartes et boissons)
Je précise que nous étions 12 à manger. Mais je rappelle que l'objectif c'est d'exploser à la fin du repas, et d'avoir plein de restes pour le lendemain.
Notre gazinière a tourné sans relâche tout l'après-midi, et nous avions juste assez de casseroles et plats pour gérer toutes ces recettes en même temps.
La sauce aux canneberges est un condiment ultra-classique. Pour ceux qui ne connaissent pas, ça ressemble un peu à une confiture de groseilles où on poche les fruits sans trop les écraser. Elle reste assez acidulée et se mange avec la dinde pour apporter une touche aigre-douce.
J'ai utilisé la recette d'Estelle, avec quelques feuilles de menthe pour le petit goût frais. Cela donnait un arôme très subtil, et on m'en a fait de francs compliments.Après 3h de cuisson et d'arrosage de jus toutes les demie-heures, tadaaaaaa!!! Notre gallinacée à la peau dorée est prête à être découpée pour régaler nos invités!
C'est Obélix qui serait content d'attaquer un beau glouglou pareil.... C'est bon, je reçois mon certificat de bonne maîtresse de maison? Je suis bonne à marier?
Les chefs du jour sont ravies de leur performance de l'après-midi, et on passe à table vers 7h après une heure de discutaille avec les invités et réchauffage de tous nos plats qui ne peuvent pas être faits juste au moment de servir.
Autour de la table, 3 espagnols, 2 italiennes, une danoise, une allemande, un mexicain, un indien, 2 françaises et... un américain pour la vérification des traditions.
Après la soupe en entrée pour la mise en bouche, on attaque le gros morceau: chacun se sert d'un peu de tout dans son assiette (mais quand il y a autant de plats ça s'additionne vite en volume), et on lance l'assaut...
Quand on voit le fond de l'assiette, on est au bord de l'explosion (ça aussi c'est dans les traditions), mais il faut encore subir le dessert: tartes à la citrouille, aux noix de pécan et aux pommes. Accompagné de glace à la vanille pour les vaillants. Même que tout était super bon.
Puis, en général les américains passent aux salon (pendant que les américaines, remarquez la subtilité, débarrassent la table), mais nous avons choisi de jouer tous ensemble puisque de toute façon il n'y avait plus de foot à la télé à l'heure avancée de 9h30.Parce que Thanksgiving, c'est aussi la veille d'un jour crucial pour la société américaine: Black Friday. C'est le jour le plus fou de l'année dans les magasins, encore une occasion pour dépenser les sous qu'on n'a pas, grâce au miracle des credit cards. Les grandes surfaces et malls ouvrent tous plus tôt les uns que les autres, et les gens vont vraiment attendre sur le parking du mall à 5h du mat' pour être sûr d'être les premiers à acheter leur DVD player en super promo, quitte à jouer des coudes voire carrément piétiner d'autres personnes en se bousculant vers le rayon électronique (véridique). Moi, je suis tranquillement retournée travailler. Pas de bain de foule cette année.























